Prete-moi-tes-versDu rouge pour Prévert. Du rouge pour l’amour. Rouge comme les poivrons accrochés au mur blanc d’un premier texte comme un art poétique et une déclaration d’amour (« Dans ma maison tu viendras »). Cette maison, c’est la scène, plancher noir, mur noir, deux rectangles rouges et les tissus de l’acrobatie, arbre aux profondes racines où s’élever, se nicher, prendre son envol et glisser pour reprendre pied. L’amour, dans les textes choisis pour ce spectacle, c’est parfois juste l’affaire de « quelqu’un », quiconque, parfois le cri dans la rue, la peur, la jalousie. Deux voix se croisent, se mêlent, se séparent, se retrouvent, mais se rencontreraient-elles s’il n’y avait la musique de la guitare, résonneraient-elles en nous sans la troisième voix, celle du musicien, chantant ou posant dans nos têtes quelques mots ? Par cette troisième voix, l’aventure amoureuse n’est pas seulement l’histoire de cette femme et de cet homme, vêtus de noir, qui s’enlacent et se déchirent, se poursuivent et s’étreignent, dansent, c’est aussi la mienne, la tienne. Etonnante intimité partagée.

J’ai vu ce spectacle à la MJC de Palaiseau (91), interprété par Céline Roux, Nicolas Massonière et Ludovic Cabot, dans une mise en scène de Nathalie Baussand.