makak janb- crocoLe conteur de cette histoire doit capter l’attention du public. Yé cric ! Yé crac ! Mais lui-même devra reprendre le fil de l’histoire quand les personnages le domineront. Le roi Croco, par exemple, le rappelle à l’ordre en lui demandant la formule qui annonce une devinette. Au point qu’on se demande qui fait le récit : le conteur, les personnages, le public ?

Yéééé cric !

Yéééé crac !

Un singe, une grue, un crocodile. Et surtout pas de morale à la fin. Qui profite de qui ? A qui s’identifier ? Chaque personnage a sa gestuelle : les danses se croisent, les grimaces, les chansons, les costumes. Et nous ne pouvons nous identifier qu’à nous-mêmes, nommés de temps en temps par le conteur, ou même le roi Croco. Ce qui se joue dans ce conte congolais revisité façon créole, c’est peut-être ça : le public est versatile, le public veut jouer, il s’amusera des grimaces du singe, plaindra à peine le sort de la grue et tombera sous l’autorité du dictateur, même si, à la fin, l’astuce du singe trompant le crocodile le réjouit.

Bien sûr, nous sommes au spectacle, et les expressions nous le rappellent sans cesse, rappellent sans cesse notre attention à l’écoute, même si, parfois, la confusion est grande : un Yé cric ! du conteur, un commandement du roi Croco, une mimique de Kompé Makak. Et la musique qui accompagne, ponctue, relance.

photo Patrick Berger

 

J'ai vu ce spectacle au Tarmac de La Villette, à Paris.