Un recueil de poèmes m’accompagne ces jours-ci, découvert à la Halle St Pierre, dans la librairie éphémère, où l’on trouve des éditeurs peu présents en librairie. Publié par les éditions Al Manar, il s’intitule Je te regarde, est écrit par Maram al-Masri, née en Syrie, et illustré par Youssef Abdelké.

Des textes courts, des instantanés. Une histoire d’amour, de désir, de rupture… Presque chaque texte se termine avec des points de suspension, comme si la respiration était un temps interrompue, marquant l’attente, peut-être, l’espoir, l’inachevé. Car la vie est ainsi, non finie tant que j’écris, quand bien même ce que j’écris est parfois douloureux.

jeteregardeComme un pauvre qui mange
à satiété,
de peur du lendemain
où il n’aura plus rien,

je te regarde
dans mon giron…

Et quand l’homme s’en va, laissant poussières au mur et vide le lit,

(…) les machines à laver
finissent par s’épuiser
et meurent
elles aussi…

Le travail typographique fait entendre plusieurs voix, les poèmes que je lis et relis ouvrent les draps, déshabillent les amants, abandonnent l’amoureuse, épuisent la maison, rendent toujours plus belle la femme, farouche.

C’est le recueil de poèmes d’une main amoureuse, d’une émotion nouvelle, la nuit, le jour.

Aujourd'hui, vers 20 h 30, ce blog a reçu sa 16000e visite. Une visite qui est passée par les tautogrammes.