marcelbenabouPremiers mots : « Les premières lignes d’un livre sont les plus importantes. »

Derniers mots : « … une certaine idée de la littérature. »

Après ces derniers mots, pourtant, ce n’est pas fini : on peut lire encore une citation, la Table, une biobibliographie de l’auteur et plusieurs pages du catalogue de l’éditeur. C’est donc bien un livre que nous avons en mains, malgré son titre provocateur.

Le titre cependant ne nous induit pas en erreur, il s’agit bien de cela, de tous ces livres que l’auteur a en tête et qu’il n’écrira pas, ou qu’il n’a pas écrits. Et les arguments ne manquent pas. Passées les premières pages où l’on s’amuse, où l’auteur nous prend à sa ligne, nous entrons bien dans la fabrique littéraire et non par les chemins de la théorie, mais par ceux du promeneur qui hésite, renonce, revient sur ses pas, progresse, cherche des appuis, glisse, recommence. Pour qui aime à se promener, ce livre est un régal. L’auteur fait parfois des pauses pour vérifier que le lecteur le suit toujours, il mène avec lui un dialogue amical et exigeant.

Je ne voudrais pas écrire ici comment s’achève la promenade, il faut la faire pas après pas : c’est un véritable processus qui est en marche. Je citerai seulement deux phrases. La première, je la cite souvent en commençant un atelier d’écriture, elle arrive en douce, entre parenthèses : « (car écrire, à bien y regarder, qu’est-ce d’autre que tracer deux lettres et puis rire ?) ». La seconde… finalement, non, je ne la recopie pas, je vous laisse la découvrir dans le livre même, car il faut bien des lecteurs, s’il y a des livres.

Marcel Bénabou est Secrétaire définitivement provisoire de l’Oulipo (lien ci-contre)