Je signalai récemment qu’un texte de Ian Monk, dans l’Anthologie de l’OuLiPo, était dédié à Lucien Suel. Je dois à l’exactitude de la citation de préciser que la dédicace est ainsi formulée : Pour Lucien Suel et in memoriam Kurt Schwitters. Ce dernier était cité dans le livre de Gérard Genette dont il était question hier dans ce blog.

nousnesommespasmortsLucien Suel écrit, dans un livre co-signé avec Hélène Leflaive et publié par Le Dernier Télégramme, Nous ne sommes pas morts, un texte qui commence ainsi : « Je ne sais pas en quelle année Kurt Schwitters est né mais je sais qu’il est mort en 1948. Je suis né en 1948 mais je ne pense pas être la réincarnation de Kurt Schwitters même si comme lui je ramasse des bouts de ficelle des clous et des morceaux de carton imprimé. »

Sur le site de Lucien Suel (lien dans la colonne de droite), à la date du 16/10/09, vous pourrez voir la reproduction d'une oeuvre peinte de Kurt Schwitters.

Ce qu’en dit le dictionnaire Larousse

Kurt Schwitters, Peintre allemand (Hanovre 1887  – Ambleside, Grande-Bretagne, 1948).

kurtschwittersAprès des études aux Académies des beaux-arts de Hanovre, de Dresde et de Berlin, il commence en 1914 par peindre des toiles figuratives, bientôt influencées par l'Expressionnisme et le Cubo-Futurisme. C'est en 1918 qu'il abandonne la peinture traditionnelle, en négligeant les matériaux "nobles" (huile, couleurs, pigments) pour leur substituer les objets de rebut de la vie urbaine : prospectus, tickets de tramway, morceaux de chiffons, lambeaux d'affiches, couvercles de boîtes de conserve, ficelles, carton ondulé. Ces collages, où, à la différence des "papiers collés" cubistes, n'intervient aucun élément pictural au sens propre, prennent bientôt le nom de Merzbilder, d'après la partie centrale d'un papier imprimé avec le mot "KomMERZbank" intégré à l'un d'entre eux. La première exposition "Merz" est présentée en 1919 à Berlin, et c'est cette même année qu’est publié son premier poème "Merz" : Anna Blume. Schwitters développera une intense activité d'écrivain en composant des poèmes phonétiques, dont l'évolution aboutira à la Ursonate, qui, lue à voix haute en public, constituait bien avant la lettre une performance. (…)
Il mourra en exil, oublié, mais son influence ne cesse de croître et Schwitters est aujourd'hui, par la profondeur de sa démarche, la variété des formes d'expression qu'il a empruntées, du collage à l'architecture en passant par le théâtre, la poésie et la typographie, éléments de sa vision globale de la création, par sa recherche du "Gesamtkunstwerk", de l'œuvre d'art totale, considéré comme l'un des plus grands artistes du XXe siècle. (larousse.fr)

Pour entendre la Ursonate (sonate de sons primitifs), cliquez sur la reproduction ci-dessus.