PatiencedemauricetteElle a beaucoup de misères, Mauricette, trop sans doute. Comment supporter tout ça ? Heureusement, elle a Christophe, l’ami Christophe, et Alfonsina. Et aussi Emilie Delaleau (l'au-delà?). Pour essayer de réparer son enfance. Elle était à la Clinique des Tilleuls, où le ginkgo biloba est bien caché, mais elle a disparu.

Le second roman de Lucien Suel a des faux airs de roman policier, par le style narratif d’un chapitre sur deux et par la recherche de la vérité sur la culpabilité de Mauricette. C’est elle qui s’accuse, c’est elle qui veut comprendre. Et ça passe par tous les moyens d’expression verbale disponibles selon les interlocuteurs : le téléphone avec Alfonsina, le courriel pour Christophe, la parole et l’écriture dans un cahier jaune pour Emilie…

Mauricette, je l’avais rencontrée par hasard sur Internet. Une vieille fille du Pas-de-Calais. C’est elle qui m’a fait connaître Lucien Suel (lien ci-contre). Avec ses mots à elle, son blog ETOILE POINT ETOILE (*.*), visage aux yeux écarquillés sur le monde, celui d’une bonne femme qui m’inspire de la peine. Mais c’est sa peine à elle, celle qu’elle se voit infliger, celle qu’elle se donne, qu’elle ne ménage pas, et qui la fait errer, comme Rimbaud dans sa bohème, dans sa belle âme. Ça aurait pu être le titre du roman, La peine de Mauricette. Mais c’est La patience de Mauricette, son statut à elle, patiente, celle qui souffre, comme une lettre en souffrance, la lettre annoncée à Christophe : « Je t’écrirai sur du papier plus tard longuement. »